3 oct. 2026

Atelier d'écriture du 2 octobre

 Pour Gaby:

Petit, tu faisais du vélo sur le petit muret qui surplombait la route. Le danger, tu ne le voyais pas, tu ne comprenais pas que l’on s’inquiète et que l’on refuse de te laisser t’amuser seul près du terrain de boules.

Plus grand, toujours avec ton vélo, tu franchissais des obstacles qui paraissaient infranchissables. Tu n’avais peur de rien.

Puis la passion de la navigation en eaux vives t’a pris. Tu es devenu responsable du club de rafting qui avait l’Aude comme terrain de jeu. Rien ne t’arrêtait, ni les éléments déchainés, ni les passages qui paraissaient infranchissables, toi tu les franchissais comme si tu avais été sur un lac paisible. Pour toi tout était possible, rien ne pouvait te freiner. Comme les normands d’Astérix, tu ne connaissais pas la peur, ou alors tu la surmontais sans rien laisser paraître.

Et la peur que pouvait éprouver ton entourage, tu ne la comprenais pas. Tout était normal pour toi.

Et tu t’es éteint dans ton lit, là où tu ne risquais rien, tellement trop jeune.


Le phare de l'impossible:

Cette île, je voulais te la faire découvrir, tellement je l’aimais.

Nous l’avons longée par le côté est et nous sommes arrivés tout au bout, là devant le phare, majestueux.

Nous étions hors saison, il n’y avait personne. La boutique de souvenirs était fermée. La personne à l’accueil nous a prévenus que le nombre de marches était important, nous avons hésité quelques secondes, puis nous avons décidé de les gravir.

Lentement, un peu essoufflés, nous sommes arrivés tout en haut, dans cette petite pièce où devait vivre le gardien, quand il y en avait encore un. Nous étions seuls, coupés du monde. La vue à couper le souffle, l’horizon à l’infini, des îlots comme des gros cailloux, des goélands qui font la course dans le ciel.

Tu m’as prise dans tes bras, là, devant cette petite fenêtre, seuls face à cette immensité. Si hauts que nous avions l’impression d’être inatteignables. Un moment suspendu, un moment de bonheur pur. De ces moments qui reste gravés à jamais dans un coin de mémoire.


Les cieux:

Quelques maisons étagées sur le flanc de la montagne.

Le clocher qui les dépasse un peu.

Le ciel, partout, qui entoure tout.

Le ciel d’un bleu presque indécent.

Le ciel voilé par une légère brume.

Le ciel transformé en coton duveteux et opaque.

Le ciel qui cache le Canigou.

Le ciel noir comme la nuit.

Le ciel transpercé d’éclairs fulgurants.

Le ciel qui annonce l’orage, cet orage que l’on craint autant que l’on l’attend.

Le ciel qui se déchire, qui éclate en trombes d’eau.

Le ciel qui s’apaise, qui a tout donné.

Le ciel qui retrouve un peu de son bleu par endroits.

Le ciel à nouveau bleu, entourant ces maisons de pierres.

Ce ciel qui fait de mon village le plus beau village du monde.


La part marquante:

Nous sommes 9 autour de la table. Nous fêtons le passage de décade d’Estelle.

Les lumières s’éteignent, un beau gâteau rose et blanc illuminé de bougies arrive dans les mains de Patrick. Le traditionnel Happy Birthday est chanté par toute l’assemblée.

Patrick se charge de découper ce beau gâteau qu’il est presque dommage d’abîmer.

Estelle est occupée à défaire tous ces paquets que l’on vient de lui remettre, tous plus soignés les uns que les autres. Selon leur contenu, son regard s’éclaire ou reste impassible.

Patrick sert les parts de gâteau, remplissant les assiettes qui se tendent vers lui.

Le plat est vide, tout le monde est servi, sauf Estelle. Patrick n’avait coupé que 8 parts.


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